Michel Diaz

 Travaux en cours

 

   D'autres recueils de nouvelles sont en projet de publication.

 

 

NOUVELLES

 

 

NOUVELLES

 

PUBLICATIONS :

 

SEPARATIONS, éd. L'Harmattan, Paris, 2009

A DEUX DOIGTS DU PARADIS, éd. L'Amourier, Coaraze, 2012

 

LE GARDIEN DU SILENCE,  éd. L'Amourier, Coaraze, 2014

 

PARTAGE DES EAUX, éd. N & B (Noir & Blanc), Toulouse, 2014

 

LE PETIT TRAIN DES GUEULES CASSEES, recueil collectif (sous la direction éditoriale de M. Diaz), Paris, 2015

 

FÊLURE (FRAGMENTS D'UN CARNET D'HIVER), éd. Musimot, Cussac-sur-Loire, 2016


 

En revues :

 

L'INVITATION, in L'Iresuthe, n°25, automne-hiver 2012

 

CHEMINS DE CRETE, in Chemins de traverse, n°41, décembre 2012

 

DERNIERES NOUVELLES DU PRINTEMPS, in L'IRESUTHE, n°26, hiver-printemps 2013

 

... Depuis ces dates, une quinzaine de nouvelles ont été publiées dans diverses revues

 

 

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         Avant-propos à SEPARATIONS:

 

        Nous ne vivons que de séparations...

       Comme autant de mutilations successives. Même salutaires. D'amputations.

       De quelqu'un, de quelque être, ou de quelque chose, qui a fait partie de nous-mêmes, s'est détaché de nous... de quelque chose qui, peut-être bien, n'a jamais été là...

        Et chaque fois, plus rien ne sera jamais comme avant. Il nous faut tout recommencer - ou presque. Réapprendre à durer dans un temps où l'absence et ses cicatrices impulsent dans nos souvenirs leur lancinement de membres fantômes.

        D'ailleurs, quelque chose manque, toujours, à tout ce que nous essayons de vivre, de dire, d'écrire...

       Quelque chose qui nous maintient, perpétuellement, aux limites du désespoir, tandis que tout s'en va, que la vie glisse, indifférente, et s'éloigne de nous.

       Quelque chose qui est de la nuit dans la nuit de la blessure d'être. Une absence dont, rien, jamais, ne peut nous consoler. Mais un espace en creux d'où convergent tous les chemins qui s'offrent à notre salut pour nous permettre d'avancer, un peu plus loin, vers ce que nous avons à vivre, à dire, ou à écrire... Un peu plus loin, toujours, vers le plus secret de nous-mêmes...

       Et que nous n'atteignons que quand nous sommes séparés de tout.

 

       M. D

 

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       A Propos de A DEUX DOIGTS DU PARADIS:

 

4ème de couverture :

   

     A certains moments de nos vies, une fracture se produit, comme une palissade cède. Et nous voilà quelque part ailleurs... Alors, qui et où maintenant ? Ces situations de passages, ces seuils, font le motif des nouvelles de Michel Diaz : lent effacement d'une comédienne, souvenirs ultimes d'un soldat de la deuxième guerre, rencontre d'une énigmatique enfant en bord de Loire, récit des relations entre mère et fils durant la tempête du siècle...

     Dramaturge, poète, écrivain, Michel Diaz met toute sa science de l'écriture au service d'évocations fortes : personnages, lieux, émotions, inquiétudes, angoisses, horreurs, espoir... A deux doigts du paradis est un de ces livres auxquels on s'accroche, même quand on l'ouvre au hasard.

 

 

Note d'introduction

pour

 

A DEUX DOIGTS DU PARADIS

 

 

 

 

  Le fil conducteur, apparent ou plus implicite, qui relie les différents textes de ce recueil est celui du "passage". Terme qui évoque en les associant, souvent étroitement, aussi bien la notion d'espace que celle de temps. 

  Inévitablement, à certains moments de nos vies, une fracture se produit, dans laquelle nous basculons, comme une palissade cède, contre laquelle nous nous adossions. Et soudain nous voilà quelque part ailleurs de la route que nous suivions (et souvent sans possible retour)... Alors qui et où maintenant ?... On croyait juste faire... rien que... ou aller devant soi, juste ça... afin de... et voilà qu'en un rien de temps, avant qu'on ait rien pu comprendre... Comment cela s'est-il produit ?... Mais on n'a rien fait pour cela, n'est-ce pas ?... En vérité, si peu... ou en pensant... Ce serait cela le passage ?...

  Il est bien des figures du passage, forgées par les hasards de l'aventure, les démons de l'amour ou la seule inconscience, qu'illustrent par exemple le passage du "pont de l'épée" par Lancelot du lac, ou lumineusement encore cette scène de La barbe bleue, telle que Perrault nous la narre : "elle prit donc la petite clef, et ouvrit en tremblant la porte du cabinet. D'abord, elle ne vit rien, parce que les fenêtres étaient fermées; après quelques moments elle commença à voir que le plancher était tout couvert de sang caillé, et que dans ce sang se miraient les corps de plusieurs femmes mortes et attachées le long des murs (...). Elle pensa mourir de peur, et la clef du cabinet lui tomba de la main." Si nous sommes d'abord au seuil même de l'interdit, devant une porte non seulement close mais verrouillée, image des difficultés liées au franchissement redouté, c'est une fois la porte ouverte, son seuil passé, dans ce que le regard baissé découvre sur le sombre miroir du sang que se joue l'essentiel du bouleversement. Nul besoin de lever les yeux pour être frappée en plein coeur par ce qui, tout à coup, lui apparaît, en reflet inversé, la laissant chancelante et le souffle coupé, lèvres blanches d'effroi, corps pétrifié par l'épouvante, et l'arête du cri, étouffé comme un râle ou un spasme de jouissance, enfoncée au fond de sa gorge. Lui apparaît non pas dans l'espace céleste et pur où se plaisent souvent les révélations, ni ne parvient à ses oreilles à travers l'épaisseur des murailles, chuchotis terrifiant de quelque bouche d'ombre, mais rampant à ses pieds, collant à ses semelles, répandu sur les dalles comme un broc de vin renversé, éclairé seulement par le rectangle pâle de la porte restée ouverte derrière elle. L'aveuglante évidence de la vérité éclate ici dans la pénombre, soleil mental qui, du-dedans, brûle les yeux, foudroie l'esprit. Mise en scène terrible que ce passage d'une curiosité ludique, infantile et irresponsable, à la découverte de ce spectacle de dépouilles sanguinolentes, accrochées comme à l'abattoir, tableau où semble s'être concentrée toute l'horreur du monde, qui donne à contempler le visage le plus repoussant d'une réalité humaine, dont le paroxysme pourtant n'est atteint que quand résonne sur le carrelage les notes métalliques et indifférentes de la petite clé, souillée à tout jamais du sang ineffaçable de la cruauté. Pour l'épouse du châtelain à mufle de taureau, il est déjà trop tard. La terrible évidence s'est imposée, avec la soudaineté d'un orage. Pour nous aussi, parfois, un éclair fuse, qui nous éclaire autant qu'il peut brûler nos yeux, nous ouvrir un chemin de lumière tout autant que nous consumer. Alors les mots, pendant un temps, ne sont rien qu'un fracas de silence.

  Mais le passage, ce n'est pas toujours, pas nécessairement, cet instant-là précisément où la vie bascule, de quelque façon que ce soit, dans le drame de la fracture, l'inattendu de la révélation qui soudainement nous projettent dans d'autres territoires de nous-mêmes, d'autres contrées de l'expérience où de nouvelles configurations psychiques se redessineront en nous.

  Il faudra encore à Julien, misérable passeur de fleuve, toute une nuit d'affrontement sauvage avec les éléments de la tempête, et des heures de corps à âme avec cet étrange lépreux qu'il a couché sur sa paillasse et réchauffe de tout son être pour que, de l'enveloppe corrompue de son cadavre, s'extirpe Saint-Julien, figure de vitrail dans laquelle Flaubert a puisé son inspiration.

  Certes, nous ne sommes pas tous promis à devenir des saints, ni à subir l'électrochoc de l'insoutenable expérience, et il y a bien d'autres formes de passages, mille autres voies, qu'on les appelle bacs, radeaux, sentes, passerelles, corridors ou tunnels, qui nous conduisent d'un état ou d'un lieu de nous-mêmes à un autre où, brusquement, nous apparaît qu'une porte en nous s'est ouverte, sans aucun grincement quelquefois, et comme à notre insu en quelques occasions, que quelque chose s'est produit, ou est en train de se produire, qui fait que plus jamais nous ne serons ceux-là que précédemment nous étions.

  Il est évidemment des épreuves plus "ordinaires" que celles des héros des romans et des contes. Des dolences de l'âme, des faillites du coeur, des souffrances qui rongent l'esprit et tourmentent la chair, des existences qui trébuchent, des vies qui butent sur l'absence d'un plus clair accomplissement, des pulsions meurtrières qui se révèlent, des désespérances qui se résolvent dans de lentes descentes vers l'outre-monde... Tous passages dont chacun d'entre nous se tire comme il peut, plus riche de lui-même, plus fort, plus fou encore, ou simplement défait. Et ceux-là nous concernent tous.

  Dans l'une des nouvelles rassemblées ici, un personnage assis regarde, à la lumière de la lampe, ses mains qui tremblent devant lui, posées sur ses genoux, des mains qu'il ne reconnaît plus, qui lui sont devenues étrangères, qui parlent une langue dont il ne sait rien encore, qui sont déjà entrées dans une nuit où il faudra bien qu'il les suive. Dans une nuit où le désir, comme souvent, bascule dans la mort qui, on le sait, frémit dans toute chose. Un tremblement de terre s'est produit, un tremblement de l'être, et il lui faudra bien apprendre à marcher sur les ruines, sur la pierre ponce et les roches tombées du ciel où d'autres trouveront peut-être le chemin de leur avenir, sur les traces qu'indique le jour quand l'obscurité soudain se retire. 

           Si Saint-Julien, verseur du sang de l'innocence, doublement parricide, s'élève vers l'azur, porté par un cortège d'anges, enveloppé dans un manteau de célestes lumières, nous autres, hommes, femmes, pauvres frères humains au destin plus banal, qui sommes pour nous-mêmes notre propre abîme, peut-être réussirons-nous à nous hisser jusqu'à deux doigts au moins, rien qu'à deux doigts du paradis. Celui qui est au ciel de chacun d'entre nous. Lieu vers lequel on tend, qui nourrit notre volonté, et dont notre désir résulte. Certes, pour en pousser les portes, il nous faudra encore le recours d'autres clés que celles de la jeune épouse de la Barbe bleue. Mais cela reste une autre affaire.

 

                                                              M. D.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

    

       

        

    

 

 

 

  

 

Salons du livre

 

28 août 2011: La Forêt des livres, Chanceaux-les-Loches (37)

 

9 septembre 2011: Espace culturel Leclerc, Tours-Nord (37)

 

10-11 septembre: salon de la poésie et de la nouvelle, Halles de Vendôme (41)

 

18 septembre 2011: salon du livre de Veigné (37)

 

1er-3 juin 2012: rencontres littéraires de Coaraze (06)

 

14 juillet 2012: salon du livre de Courdemanche (72)

 

26 août 2012: La Forêt des livres, Chanceaux-les-Loches (37)

 

8-9 septembre 2012: salon de la poésie et de la nouvelle, Halles de Vendôme (41)

 

13-21 octobre 2012: L'Automnale de Vouvray, présentation d'un "livre vertical", Vouvray (37)

 

21-23 octobre 2012: Photofolies en Touraine, présentation d'un livret d'exposition, Chédigny (37)

 

22 décembre 2012: salon du livre de Loches (37)

 

5-14 avril 2013: exposition/lectures de textes, château de Nitray, Azay-sur-Cher (37)

 

25-26 mai 2013 : salon "Le châpiteau du livre", Saint-Cyr-sur-Loire (37) 

 

[Liste incomplète...]

 

Marché de la poésie, Paris

 

Marché de la poésie, Rochefort sur Loire

 

Salon du livre de La Chapelle-Saint-Mesmin

 

Salon du livre du Mans

 

Salon de la poésie nouvelle de Romorantin

 

 

                 

      Un article sur

 

A DEUX DOIGTS DU PARADIS

in La Voix du basilic, n° 21, mai 2012

 

 

      Pour l'auteur des neufs nouvelles réunies sous ce titre, il est un fil conducteur, celui du passage. Fil conducteur pour avancer, s'enfoncer plutôt, dans l'univers étrange, envoûtant, que Michel Diaz sait créer par des évocations fortes, maniant une langue riche, imagée et usant d'un talent pour la construction narrative qui saisit le lecteur dès les premières pages.

      Il en est deux, de ces évocations, justement intitulées Passages (I et II) qui donnent à entendre deux textes qui se font écho dans les voix de Nina et de Michael, un vieux couple, à l'heure où, dans un mouroir -hôpital ou maison de retraite- tout semble s'achever pour lui. Pourtant la vie est là, portée jusqu'au bout par l'amour. Les souvenirs affluent -les bons et les mauvais- d'une longue vie commune, et transfigure les lieux sordides du quotidien qui s'effacent au rappel des paysages et des bonheurs d'autrefois, ainsi que par l'énergie de celle qui entraîne son compagnon dans le rêve d'une balade imaginaire, tentative d'évasion ultime : "Je lui ai dit : voilà ce qui nous reste à faire... Nous aurons la nuit devant nous... Imagine... Nous sommes partis... Sur la pointe des pieds... Et chacun son petit balluchon... Pas difficile de tromper la surveillante en passant par derrière..." Au fil de ces pages haletantes, par l'alternance des graphies et la ponctuation suspensive se manifeste l'acharnement à vivre, à aimer, et la lucidité de ces deux personnages, deux belles figures d'humanité qui parviennent au seuil de leur paradis, dans la sérénité.

       C'est émus que nous allons plus loin dans le livre, suivant le/les narrateurs dans leurs errances à travers des paysages, des univers, anodins a priori mais qui soudain basculent dans des atmosphères lourdes d'angoisse, tandis que les personnages se débattent avec leurs frustrations, leurs fantasmes. L'auteur ne prétend pas nous les rendre tous sympathiques, poussant parfois le trait jusqu'à la caricature et le ton au sarcasme.

         Les situations sont le plus souvent de grande solitude, de rupture et de remise en cause (amoureuses, professionnelles, familiales); pourtant, à contrecourant de la désespérance, il y a une recherche d'apaisement, cette tension vers le paradis, par un travail sur soi-même qui peut se faire par le retour aux sources, aux souvenirs; et c'est pourquoi la chronologie se bouscule parfois dans ces récits où les temps se juxtaposent -présent, passé, et conditionnel, mode de ce qui n'est pas, mais de ce qui est possible. Les représentations se fondent, et sont convoqués père, mère, figures admirables de courage ou d'autorité jusqu'à ce que les rapports s'inversent dans des rêves ou dans des accès de délire dans lesquels ceux de l'Homme font écho à ceux de la Nature.

        Michel Diaz nous entraîne aussi dans ses marches en campagne ou au bord des fleuves, dans les méandres d'une conscience en prise à des pulsions meurtrières; la force de l'auteur résidant dans la création d'ambiances inquiétantes, ambiguës, mais sans réelle certitude quant au passage à l'acte. Ou bien il n'y a plus de promenade : enfermée dans un petit appartement, une comédienne, aujourd'hui oubliée, ne s'enlise pas dans les regrets de sa beauté ni dans la nostalgie de ses rôles, "Elle est là, elle attend, faisant le propre, le net, le vide." [...] "Pour entrer doucement dans la mort. Ou plutôt pour sortir de la vie. Discrètement."

         Vers quelle renaissance ? Tandis que nous, lecteurs, sommes devant "la révélation qui soudainement nous projette dans d'autres territoires de nous-mêmes, d'autres contrées de l'expérience où de nouvelles configurations se redessineront en nous."

         Nouvelles sombres, sans doute, à l'humour parfois noir ou grinçant, mais toujours portées par un imaginaire où le visible côtoie volontiers l'invisible et le quotidien l'onirique, un style qui charrie des pépites de pure poésie, ces textes sont d'un auteur qui ménage aussi une belle part à la sensibilité, à l'émotion, et sait nous rapprocher un peu plus de ces zones obscures enfouies en nous-mêmes que la littérature a seule pouvoir de nous révéler.

 

                                                         Marie-Jo Freixe

 

 

Le cœur endurant et Fêlure : note de lecture publiée dans Les Cahiers de la rue Ventura, n° 37 (sept. 2017)

Michel Diaz ou la fêlure d’un cœur endurant, par Laurent Dubois

S’il nous faut aller, sans détours, dans l’intimité de la chair de ces deux recueils poétiques, je retiendrai ce qui nourrit leur écriture en profondeur, ce thème lancinant que leur auteur trame et tisse d’un texte à l’autre, en fils croisés, indémêlables, qui posent la question de l’être-au-monde, fruit d’un inépuisable sentiment d’étonnement qui se confond avec la soif inassouvie du chant toujours à naître, autant que fruit amer d’une inconsolable douleur.
Nous ne vivons que de devoir mourir, et ne pouvons écrire que sur ce qui ne peut se dire / n’est pas dit, car indicible est tout ce qui se tait. Et le poète ajoute que l’on a rien à dire en vérité / que ce cheminement têtu en nous
Cheminement obscur de ce quelque chose qui nous travaille, car toujours, au fond de l’orchestre, on entend les mâchoires qui mastiquent la partition, les dents qui mordent dans la chair des heures, le mufle qui s’abreuve à l’auge de la douleur des hommes

Survivre à l’échéance de la mort qui approche implique d’affronter ce repli coupable de la chair en deuil du désir. Ainsi le cœur vieillissant consent à l’ombre de lui-même, condamnant au seuil de ses abandons tout risque de clartés.
Certains d’entre nous, au-dessus du vide d’ici-bas, s’accrochent aux branches divines, misant leur salut sur l’incertain de l’au-delà. Pour eux, mourir est s’éveiller, aveuglé en pleine lumière.
D’autres crachent sur tout, mais à distance, le venin d’une amertume qu’ils croient produite par la lucidité mais qui, en réalité, tire ses principes actifs du mensonge fait d’abord à eux-mêmes.
Les plus nombreux enfouissent leur esprit dans les sables du déni, somatisant leur crainte viscérale de mourir en maux de toutes sortes.
Pourtant, pour se sentir vivant, écrit encore Michel Diaz, il faudrait convoquer ce miracle ; être là, sans paroles, pas trop en avant de soi et pas trop en arrière non plus, mais juste en équilibre sur la ligne de crête du souffle, accordé au balancement des secondes, au rythme de leur pouls. Libre de toute attente et de toute désespérance.

Écoutons bien cet état particulier de silence que le poète accueille, il n’appelle à rien d’autre qu’une absence écarquillée, ce lieu d’oubli où tout peut se jouer, après mise en jeu de la pure, inestimable gratuité du monde et dont le gain rêvé serait le pur sentiment d’exister. Avant de disparaître ?
… Mais la partie est ardue : le tapis de jeu a la dimension de nos drames, une vie ne suffit pas pour en connaître toutes les règles et qu’avons-nous en mains ? Si peu de signes en vérité pour nommer, sans véritablement les comprendre, les choses par leur sens commun, véritable carcan sémantique. Comment alors questionner ce mystère qui nous habite autrement qu’à l’aide des mots figurant sur les cartes à piocher au hasard – ou à la nécessité – des plis de l’existence ?

Oui, il faut écouter très attentivement la poésie de Michel Diaz, comme on perçoit le pouls d’un sang noirci de tant d’ombres amassées qui cherchent à se répandre et qui, jaillissant du vertige acéré, fulgurant, provoqué par une lame au poignet, délivrerait sa vigueur écarlate .
Seul le poème a le pouvoir de dire l’insoutenable enjeu du réel. C’est la raison pour laquelle on l’a tant bâillonné. Ici, affrontant le risque de se dépouiller de tout, y compris de lui-même, – à la lisière du non-naître, du n’être pas encore ou celle du n’être plus –, Michel Diaz se tient au cœur de ce que la poésie porte de plus bouleversant, de plus douloureux aussi, comme l’est toute
confrontation à la voix profonde qui jamais, en nous, ne s’apaise

Laurent Dubois, avril 2017

 

      

        

 

  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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