Michel Diaz

Présentation de l'auteur

 

 

             Michel DIAZ, né en Algérie, s'est installé à Tours il y a une trentaine d'années. Il y a enseigné la littérature et l'art dramatique.

         Docteur en littérature théâtrale, spécialiste de l'oeuvre d'Arthur Adamov, il a consacré une thèse à cet auteur, une vaste bibliographie et une étude de ses textes rares ou inédits.

         Il a publié des textes poétiques et dramatiques, fait jouer quelques pièces, dont certaines diffusées sur France-Culture, et travaillé au théâtre avec Maria Casarès, Georges Vitaly ou Michel Vitold.

            Il a aussi publié une dizaine de livres d'art, en collaboration avec des artistes, peintres et photographes, et produit, avec d'autres, de nombreux livres d'artistes. 

            Il se consacre aussi, depuis quelques années, à l'écriture de nouvelles.

 

 

 

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 POESIE

 

 

MISE EN DEMEURE, éd. Pierre-Jean Oswald, Paris, 1975

ATELIER DES SILENCES, photographies de Thierry Cardon, préface d'Yves Bonnefoy, éd. Jacques Hesse, St-Etienne-de-Diray, 1997

 

TRAITS, SPIRALES, POINTILLES, photos de Thierry Cardon, livre d'artiste, La Métisse d'Argile, St-Hippolyte, 1998

 

NE DE LA DECHIRURE, cyanotypes de Laurent Dubois, livret d'exposition, éd. Sérigramme, Chédigny, octobre 2012


AU REGARD DU SILENCE, photos de Pierre Fuentes, livre vertical, L'Automnale de Vouvray, Val es Fleurs, octobre 2012), ouvrage publié sous le titre :


JUSTE AU-DELA DES YEUX, éd. La Simarre & Christian Pirot, Joué-lès-Tours, avril 2013


CRISTAUX DE NUIT, avec trois photos de Th. Cardon, éd. de L'Ours blanc, Paris, 2013

 

LA BELLE, photo de Rieja van Aart, livre d'artiste, éd. Les Cahiers du Museurs, coll. "A côté", Nice, 1er trim. 2013 (21 exemplaires numérotés et signés)

   

AUX PASSANTS QUE NOUS SOMMES, photos de Rieja van Aart, éd. La simarre & Christian Pirot, Joué-Lès-Tours, 2013


SANS TITRE 2 (APPROCHES DU VISAGE), peintures de Laurent Bouro, éd. Label-Martin Decrouy, La Guerche, 2014


ARBRE, VIEIL ARBRE, dessins de Setsuko Uno, livre d'artiste, éd. Les Cahiers du Museur, coll. "A côté", Nice, 2014 (21 exemplaires numérotés et signés)


DANS L'INEXPLICABLE PRESENCE, avec la collaboration de Yves Ughes, dessins de Martin Miguel, livre d'artiste, éd. Les Cahiers du Museur, coll. "A côté", Nice, 2015 (21 exemplaires numérotés et signés)


ARBRE(S), dessins de Setsuko Uno, éd. L'Atelier du livre, Paris, 2015


NE DE LA DECHIRURE, cyanotypes de Laurent Dubois, éd. Cénomane, Le Mans, 2015


ARCHEOLOGIE D'UN IMAGINAIRE, UN PEINTRE, ALAIN PLOUVIER, peintures d'Alain Plouvier, éd. La Simarre & Christian Pirot, Joué-lès-Tours, 2016


OWAKUDANI, TERRE DE SOUFRE, éd. L'Atelier du livre, Paris, 2016


LE CŒUR ENDURANT, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, éd. de L'Ours Blanc, Paris, 2016

 

FÊLURE, éd. Musimot, Cussac-sur-Loire, 2016


UN NAVIRE AU MILIEU DES TERRES, photographies de Laurent Dubois, éd. Cénomane, Le Mans, 2017

 

CES PUITS QUI VEILLENT, cyanotypes de Laurent Dubois, livre d'artiste, éd. Les Cahiers du Museur, coll. "A côté", Nice, 2017 (21 exemplaires numérotés et signés)

 

DANS L'INACCESSIBLE PRESENCE, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, Thi lùu éditions, Sain-Cyr-sur-Loire, nov. 2017

 

BASSIN-VERSANT, éd. Musimot, Cussac-sur-Loire, avril 2018

 

DANS L'HOSPITALITE DU SEUIL, cyanotypes de Laurent Dubois, livre d'artiste, éd. Les Cahiers du Museur, coll. "A côté", Nice, 2013 (21 exemplaires numérotés et signés)

 

COMME UN CHEMIN QUI S'OUVRE, éd. de L'Amourier (à paraître début 2019)


 

                                                                        *   *   *   *

 

LIVRES D’ARTISTES

Traits, spirales, pointillés, photos de Thierry Cardon, galerie La Métisse d’argile, Saint Hippolyte, 1998

Au regard du silence, photos de Pierre Fuentes, livre vertical, installation, in « L’Automnale de Vouvray », 2012

La belle, photo de Rieja van Aart, éd. Les Cahiers du Museur, collection « A côté », Nice, 1er trim. 2013 (21 ex.)

Owakudani, image de Pierre Fuentes, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2013 (4 ex.)

Ne rien laisser que cendres, dessins de Jacques Riby, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Arbre, vieil arbre, dessins de Setsuko Uno, éd. Les Cahiers du Museur, collection « A côté », Nice, 2014 (21 ex.)

Feuilles vives, la feuille de vigne, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Feuilles vives, la feuille de figuier, dessins de Jeannine Diaz-Aznar, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (6 ex.)

Feu et sang, dessins de Georges Badin, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Textures, dessin de Roselyne Guittier, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Par la fenêtre du solstice, dessin de Roselyne Guittier, 2014, coll. privée

Dans la nuit de la voix, dessins de Jean-Gilles Badaire, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Au commencement était le silence, photo de M.-Christine Schrigen, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2014 (4 ex.)

Dans l’inexplicable présence, en collaboration avec Yves Ughes, dessins de Martin Miguel, éd. Les Cahiers du Museur, collection « A côté », Nice, 2015 (21 ex.)

Ce qu’il nous faut rendre à la nuit, dessins, monogravures et encres de Jean Luneau, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2016 (4 ex.)

Ces puits qui veillent, cyanotypes de Laurent Dubois, éd. Les Cahiers du Museur, collection « A côté », Nice, 2016 (21 ex.)

Nuit trop lucide, dessins, monogravures et encres de Jean Luneau, 2016, coll. privée

D’entre silences, dessins, monogravures et encres de Jean Luneau, 2016, coll. privée

Evidemment le bleu, dessins, monogravures et encres de Jean Luneau, 2016, coll. privée

Ombre du doigt de Dieu, dessins, monogravures et encres de Jean Luneau, 2016, coll. privée

Derniers faux pas, dessins de Yves Conte, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2016 (4 ex.)

Lettre morte, dessin de Jeannine Diaz-Aznar, « Du livre pauvre au Mail Art », médiathèque de Manosque, sept. 2016

Bassin-versant, dessins de Martin Miguel, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2017

Coup de grâce, dessins de Martin Miguel, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2017

La brûlure a la couleur des lèvres, dessins de Pascale Giraud Cauchy, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2017

Heureux… comme le migrant…, dessins de Patrice Delory, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2017

Etes-vous libre ? Soyez dangereux (hommage à Claude Cahun), dessins de Patrice Delory, Musée du livre pauvre du Prieuré de Saint-Cosme, La Riche, 2017

Stylite, dessin de Patrice Delory (ex. unique), coll. privée, 2017

Dans l’hospitalité du seuil, cyanotypes de Laurent Dubois, en projet de publication aux Cahiers du Museur (2018)

 

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Chroniques et articles publiés en revues

Etre et avoir l’été, Charles Simond, éd. Musimot (2013)

Requiem, Poème sans héros et autres poèmes, Anna Akhmatova, éd. Poésie/Gallimard (2014), in  le site Terres de femmes, oct. 2017, et Les Cahiers de la rue Ventura (à paraître début 2018)

Contre le désert, Alain Freixe, éd. de L’Amourier (2017), in le site Terres de femmesoct. 2017

Nouveau Roman & Théâtre nouveau, in Les Cahiers de la rue Ventura n° 37, sept. 2017

Ma (dé)conversion au judaïsme, Benjamin Taiëb, éd. Lunatique (2107), coll. Lire debout, in ce blog, juin 2017

Mer intérieure, Raphaël Monticelli, éd. La Passe du vent (2011), in ce blog, juin 2017

Le collier rouge, Jean-Christophe Rufin, éd. Gallimard (2014), in L’Iresuthe n° 41, juin 2017

Le Livre du désir, Léonard Cohen, éd. Le Cherche Midi, collection Points (2008), in ce blog, mai 2017

La nuit déborde, Jeanne Bastide, éd. de L’Amourier (2017), in Les Cahiers de la rue Ventura, à paraître fin 2017, et sur le site Terres de femmes

Un bégaiement, Julien Bosc, éd. Cénomane (2016), in Les Cahiers de la rue Ventura, à paraître fin 2017

Les reflets du silence, Shoshana, éd. Musimot (2017), in Chemins de traverse n° 50, juin 2017

Un dangereux plaisir, François Vallejo, éd. Viviane Hamy (2016), in L’Iresuthe n° 40, juin 2017

Lettre au poète Claude Cailleau, in L’Iresuthe n° 40, juin 2017

Mécomptes de Noël, Gabriel Eugène Kopp, éd. de L’Ours Blanc (2016), in Chemins de traverse n° 50, juin 2017

Haïku – Anthologie du poème court japonais, éd. Poésie/Gallimard (2002), in ce blog, mai 2017

Je, tu, il, Claude Cailleau, éd. Tensing (2016), in Les Cahiers de la rue Ventura n° 35, mai 2017

Un scarabée bruissant du rêve, Pascal Revault, éd. Musimot (2015), in ce blog et sur le site des éditions Musimot, oct. 2016

Fantaisies, Bernard Henninger, éd. Blogger de Loire (2015), in ce blog et sur le site « Impulsions » de B. Henninger, oct. 2016

Allant vers et autres escales, Colette Daviles-Estinès, éd. de L’Aigrette (2016), in ce blog et sur le site« Volets ou vers » de C. D.-Estinès, oct. 2016

Une étude sur Alain Borne, in Les Cahiers de la rue Ventura n° 33, sept. 2016

Jésus l’apocryphe, Jean-Luc Coudray, éd. de L’Amourier (2016), in Chemins de traverse n° 49, déc. 2016

Quête du nom, Alain Guillard, éd. de L’Amourier (2016), in L’Iresuthe n° 38, sept. 2016

L’aube a un goût de cerise, Raymond Alcovère, éd. N&B (2016), in L’Iresuthe n° 38, sept. 2016

Carnets de montagne, Claire Desthomas-Demange, éd. Musimot (2016), in ce blog et le site des éditions Musimot, juin 2016

Insinuations sur fond de pluie, Javier Vicedo Alos, éd. Fondencre (2015), in Chemins de traverse n° 48, juin 2016

L’Histoire de la brume, Stuart Dybek, éd. Siloé (2008), in Chemins de traverse n° 48, juin 2016

Shitao et Cézanne, une même expérience spirituelle, Charles Juliet, éd. L’Echoppe (2008), in ce blog, mars 2016

Les Admirés, Daniel Berghezan, éd. Musimot (2016), in ce blog et sur le site des éditions Musimot, mars 2016

La Morasse, Jean Forestier, éd. Edilivre (2016), in L’Iresuthe n°  38, 2015

Il n’est plus d’étrangers, Catherine Leblanc, éd. de L’Amourier (2015), in L’Iresuthe n° 37,  2015

Comme une corde prête à rompre, Bernard Giusti, éd. de L’Ours Blanc (2007), in Chemins de traverse n° 47,  2015

Bribes, Raphaël Monticelli, éd. de L’Amourier (2015), in ce blog, déc. 2015

La côte sauvage, Jean-René Huguenin, éd. Points-Seuil (rééd.), in Les Cahiers de la rue Ventura n° 30, déc. 2015

Enquête sur un poète disparu, Jean-Jacques Mahet, éd. Les Paragraphes littéraires de Paris (1976), in L’Iresuthe n° 35, déc. 2015 et sur le site de L’Anacoluthe

Alain Borne – En une seule injure, éd. Editinter (2002), in ce blog, nov. 2015

Treize – Indociles, Alain Borne, éd. Fondencre (2008), in ce blog, nov. 2015

Cette roue qui nous emporte, Jean-Pierre Schamber, éd. Fondencre (2008), in ce blog, nov. 2015

Sonates crétoises, Frédérique Kerbellec, éd. Fondencre (2014), in L’Iresuthe n° 36,  2015

A un jour de la source, Françoise Oriot, éd. de L’Amourier (2015), in L’Iresuthe n° 36, 2015, les sites des éditions de L’Amourier, Terres de femmes et Talentpaper blog

J’ailleurs, Brigitte Guilhot, éd. SKA (2015), in ce blog et sur le site des éditions SKA, juil. 2015

La peau sur les mots, Brigitte Guilhot, éd. SKA (2015), in ce blog, juil. 2015

Le pays que je te ferai voir, Michel Séonnet, éd. de L’Amourier (2014), in L’Iresuthe n° 33, 2014, et sur le site des éditions de L’Amourier

Un an de noyaux de cerises, Sylvie Azéma-Prolonge, éd. Relink (2014), in Chemins de traverse n° 45, déc. 2014

Soluble, Brigitte Guilhot, éd. de L’Ours Blanc (2014), in Chemins de traverse n° 45, déc. 2014

Autour de quelques tableaux de Thierry Dussac, in ce blog, sept. 2014

Les petites pièces rapportées, Eve de Laudec, éd. Chum (2014), in ce blog et sur le site « L’Emplume et l’écrié » d’E. de Laudec, sept. 2014

La nouvelle came, Audrey Terrisse, éd. BoD (2013), in ce blog, oct. 2014

Les bois levés de Thierry Cardon, in le recueil Cristaux de nuit (éd. de L’Ours Blanc, 2013), mai 2013

                                                                                                      *   *   *   *

 

Textes publiés en revues (liste non exhaustive):

 

RENDRE AU VERGER, in La Voix et l'esprit des poètes, n° 67, février 1978

 

LE CORPS DES FLEUVES, in La Voix et l'esprit  des poètes, n° 68, mai 1978

 

PAR LE SILENCE SURPRIS, in La Voix et l'esprit des poètes, n° 70, novembre 1978

 

DANS LE MOUVEMENT INQUIET DU REGARD, in La Chronique des travaux en cours, n°1, mai 1981

 

ENTRE SOL ET ASTRE, in La Chronique des travaux en cours, n°3, décembre 1981

 

MAINTENANT, in Argiles, n° 10, juin 1987

 

C'EST UN ARBRE, in La Voix du basilic, n°44, décembre 2012

 

SCENARIO POUR LA FIN D'UN MONDE, in Chemins de traverse, n°42, juin 2013

 

Depuis 2013, publications dans les revues Chemins de traverse, L'Iresuthe, Les Cahiers de la rue Ventura, Poésie/première, Ecrit(s) du Nord, Lichen, L'Herbe folle...

 

 


 

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 Présentation d'Atelier des silences

 (photos de Thierry Cardon) :

 

             Quand Thierry Cardon me confia, au mois de janvier 1990, ces quelque vingt-cinq photos rescapées de la sélection qu'il avait préalablement opérée, il y avait deux ans déjà qu'il hantait, l'appareil à la main, les ateliers de réparation de locomotives de Saint-Pierre-des-Corps... Le sentiment s'imposa vite à moi que ces images étaient le fruit énigmatique d'une errance dans des espaces de silence, de pénombre et de vague danger; le butin patiemment arraché à la réalité de lieux que l'immobilité des choses, livrées à elles-mêmes, à elles seules, après les heures de travail, chargeait d'un mystère envoûtant.

              Abolie toute présence humaine - à part celle du photographe et le bruit de ses pas -, les signes d'une intense activité mécanicienne (provisoirement suspendue) devenaient dans l'espace offert à l'imaginaire, à son désir halluciné de voir ce que le regard banal ne voit pas, la piste foisonnante de toutes les absences, le terrain giboyeux de toutes les questions.

 

              Ces images, en nous conduisant dans ces lieux, nous montrent aussi, en vérité, une absence de lieu qui nous ouvre à un autre temps, nous proposent une intime odyssée du déracinement à travers un nulle part, un exil immobile parmi les choses qui se taisent, obstinément, dans un silence gris où rien ne bouge, en apparence, mais où tout se déplace et se précipite, d'une photo à l'autre, dans une échappée du sens étranger à ce que, par commodité, nous appelons "réalité des choses".

               

              Aussi m'apparut-il peu souhaitable de vouloir donner voix à ce qui déjà parle un langage puissant et porte, dans le cours de son énergie inquiète, sa part d'indéchiffré, d'indéchiffrable, entre cri et murmure, son interrogation inapaisable. Ce qui restait à inventer alors, c'était l'espace d'une plyphonie de signes plastiques et graphiques, de vocables et de sons qui développeraient leurs chants, sans les mêler; deux discours complices mais libres d'eux-mêmes, attentifs toujours l'un à l'autre mais jamais l'un à l'autre surbordonnés.

             Cet ouvrage, qui offre à Orphée l'espace de sa quête dans le labyrinthe des lieux infernaux, est le résultat de ce que proposait cette gageure.

 

                                                                                                  

                                                                                                                                                                  M. D.

 

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 Avant-propos à Cristaux de nuit :

 

            Au terme de "poèmes" et à ses exigences sans appel, je préfère de loin celui de "textes poétiques", contrées de l'écriture aux frontières plus tolérantes, mieux adapté sans doute à ce que ces pages contiennent. En vérité, humblement mais obstinément, comme le tisonnier fourrage dans la cendre, j'essaie de me servir au mieux des moyens que procure l'outil poétique pour convier le feu à s'éveiller du sommeil de ses braises, sans préjuger de ce qu'il adviendra des allures formelles du texte, ni de ses aspects esthétiques ou des tiroirs dociles où on le rangera.

 

            Ainsi, ces pages n'auraient jamais vu le jour si elles n'avaient été écrites dans la forme et l'allure que les caprices de l'inspiration et les mots qui tâtonnent dans l'ombre, se cherchant, conduits par leur effervescence minuscule, réclament qu'elles suivent. Pages qui, en cela répondaient à mes intentions. Qui consistent à creuser dans la chair du langage, le plus à vif possible, et à s'aventurer sur ces chemins de ronde, de silence et de nuit où, au verso des mots, palpite une parole qui nous semble émerger de l'enfance même de la parole, au plus près de ses sources, du lieu où son murmure se confond encore avec le bruit du sang.

 

           Toute parole tue est "reposoir d'obscurité", selon la formule de René Char. Libérée de sa gangue de tourbe, elle entame sa marche incertaine vers l'espace espéré de la page où tout va se jouer : l'étendue embrasée de l'aurore ou l'hostile neige d'hiver qui risque de la recouvrir, ou les régions arides de son purgatoire, offertes aux vicissitudes d'une errance où elle trouvera, peut-être, les sentes de son avenir. Cette lumière d'amitié qui la sauve à la fois du silence et de la pénombre, et que seuls, sur son existence hésitante, peuvent jeter les yeux accueillants du lecteur.

 

            Ecrits à des époques différentes, j'ai soustrait la plupart de ces textes à leurs premiers contextes (recueils ou livres d'artistes) pour les rassembler ici, où ils servent la thématique qui guide le cheminement dans ce nouveau recueil : celle du travail sur la langue même, comme ce qui, aussi, continûment, inspire ma démarche poétique et la nourrit, l'écoute de ce qui, en nous, venant d'on ne sait où, se lève en nous comme une voix, une lumière qui n'est rien, d'abord, que le bruissement du silence.

 

            

 

 

 

 

 

 

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